Les hirondelles à Béruges
5 000 km pour apporter bonne fortune aux Bérugeois : les hirondelles !
Les hirondelles sont familières de notre village et animent notre printemps chaque année. Deux espèces sont particulièrement présentes dans notre environnement : l’hirondelle de fenêtre, que nous connaissons bien car elle niche sous les dépassements des toits du bourg, et l’hirondelle rustique, plus discrète et qui recherche plutôt l’intérieur des dépendances et des garages.

Hirondelles de fenêtre construisant leur nid en boulettes d’argile – Crédit LPO/Nicolas Macaire
Les hirondelles passent l’hiver en Afrique sub-saharienne, où elles trouvent leur nourriture (insectes volants principalement). Elles reviennent nicher chez nous chaque année au printemps, après avoir traversé le Sahara, lors d’un voyage de plus de 5 000 km et de près d’un mois ! Particularité étonnante : elles reviennent souvent se reproduire dans le même secteur, voire à proximité du bâtiment où elles ont niché l’année précédente.
En grand danger
Les hirondelles disparaissent malheureusement à grande vitesse en France. Des études coordonnées par le Muséum national d’Histoire naturelle et la LPO révèlent un dramatique déclin. Ces dix dernières années, les populations ont chuté de 33 % pour l’hirondelle de fenêtre et de 41 % pour l’hirondelle rustique ! Les causes sont multiples et les changements des pratiques agricoles et architecturales sont notamment impliquées.
Une population qui semble stable à Béruges mais à surveiller
Depuis quelques années, la LPO effectue un suivi du nombre d’hirondelles de fenêtre dans le centre-bourg, en particulier à travers le comptage des nids réellement occupés. Il est en effet assez facile de repérer ces constructions de terre, arrondies et dotées d’une petite ouverture, d’où dépassent la tête des jeunes, impatients de s’envoler. Lorsqu’aucune tête n’apparaît, on attend un peu afin de voir si l’un des parents vient visiter le nid ou apporter de la nourriture. Sinon, l’occupation du nid peut être confirmée en recherchant la présence de fientes au sol.
Sur quatre années de comptage dans le centre-bourg de Béruges, la quantité de nids occupés s’avère assez stable : entre 30 et 36. Le nombre d’oisillons par nid peut varier, mais on note également une certaine stabilité du nombre d’oiseaux au niveau du bourg.
À noter que la population située sous le toit du futur bar multiservice, avec 13 nids occupés, n’a pas été affectée cette année par les travaux. Ceux-ci ont été réalisés hors période de nidification et en respectant la colonie d’hirondelles. Merci à la commune et aux entreprises pour leur coopération !
La petite colonie du dojo a malheureusement disparu. Les trois nids encore présents en début d’année se sont décrochés et les hirondelles n’en ont pas reconstruit par la suite. Nous espérons qu’elles reviendront et comptons sur votre bienveillance pour leur faire bon accueil.
Nous sommes conscients des quelques désagréments occasionnés par les déjections. Mais pensons plutôt à leur rôle de démoustication et à la symbolique associée à ces oiseaux gracieux : bonne fortune, prospérité et fertilité ! Cela vaut bien quelques fientes, non ?
Alain Métais et Yves Girardot
LPO Poitou-Charentes 
En savoir plus sur les hirondelles :
Cohabiter avec les hirondelles
